samedi 24 octobre 2009

Pourquoi ce blog ?



Ce blog vous présente quelques extraits du texte et des illustrations d'un récit de voyage.

En 2006, je suis parti pour un mois aux îles du Cap Vert en solitaire avec mon sac à dos, après avoir fini d'écrire le premier tome de mon premier roman, à paraître en 2010.
( Et présenté ici : http://leblogdemonpremierroman.blogspot.com/2009/10/la-couverture.html )

C'est le récit de ce voyage que je vous propose, en attendant de trouver un éditeur.

Le texte intégral fait une centaine de pages et peut vous être adressé sous la forme d'un fichier PDF, avec les illustrations.

J'y accorde une grande importance aux questions, très liées entre elles, de la dépendance au pétrole et au tourisme de masse, de l'eau, de l'énergie, et du changement climatique, ainsi qu'au poids de la Chine dans un petit pays attachant qui devient un "tigre" de l'Afrique en jouant la carte de la mondialisation libérale.

Si vous êtes intéressé/e, laissez moi un message: voir dans mon profil.

Prologue



Prologue.

Lycéen à Dakar en 1981, je dévorais le gros livre du géographe Pierre Gourou sur l’Afrique. Au chapitre consacré aux îles du Cap Vert, une photo en noir et blanc montrait l’éruption du Pico do Fogo en 1951. Je me suis promis alors, de monter un jour au sommet de ce volcan.

Dakar est bâtie sur la presqu’île du Cap Vert. Les îles, quand vous êtes sur une plage du Sénégal, sont juste en face, à l’ouest, derrière l’horizon, à six cents kilomètres. Dix îles qui, ensemble, représentent à peine la moitié de la Corse.

Pourtant, en 1981, on ne s’y rendait pas très facilement. C’était encore le temps de la révolution et de la légende d’Amilcar Cabral, le fondateur du PAIGC, Parti Africain pour l’Indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert, le héros national assassiné en 1973 à Conakry. Le Cap-Vert, qui venait d’être séparé de la Guinée-Bissau, était une république socialiste, très peu ouverte au tourisme. Il fallait avoir un hôte sur place pour obtenir un visa. Et moi, je devais d’abord passer mon bac.

Malgré cela, la culture capverdienne était accessible aux gens de Dakar. La pauvreté des îles a toujours poussé les capverdiens à émigrer dans le monde entier. Ils étaient nombreux à Dakar, où leur musique était appréciée. Dix ans avant le grand succès de Cesaria Evora, j’avais acheté mes premiers disques et cassettes de Bulimundo, de Cabral & Cabo Verde Show, ou Boy Gé Mendes, dans des boutiques dakaroises.

C’est Bulimundo qui m’a le plus profondément marqué ; les chansons de ce groupe, comme Djâm Brancu Dja, Partida, Bragêru, Hora di Bem, Febri di Funanà, Sofà, Pé di Pedra, Tarrafal, ou Bem di Fora, me donnent encore des frissons dans le dos avec leur basse, et leurs envolées de saxophone, ou de synthétiseur. C’est le son de mes années 79-81, les souvenirs de la mort de Bob Marley, du bac, du permis de conduire, et de l’élection de Mitterrand…

Vingt-cinq ans et quelques péripéties plus tard, je vais faire ce voyage au Cap- Vert. Ma connaissance livresque des îles va enfin être confrontée à la réalité. Depuis des années j’ai lu tout ce que j’ai pu trouver sur le sujet, et presque tout ce qui existe de littérature capverdienne traduite en français. Et j’ai continué à écouter cette musique devenue plus accessible dans le commerce depuis les années 90 et l’ascension de Cesaria Evora.

Je ne vis plus à Dakar, mais à Montpellier. Il y a quelques jours, j’ai envoyé vingt exemplaires du manuscrit de mon premier roman à vingt éditeurs de Paris et d’ailleurs. Pour éviter de passer les prochaines semaines pendu à ma boîte à lettres, je prends l’avion.